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Vers un espace économique régional plus intégré

Le partenariat euro-méditerranéen ne saurait se résumer à une simple juxtaposition d’accords d’association «Nord-Sud».

La réduction de la fracture que constitue encore aujourd’hui la Méditerranée et l’émergence d’une zone de prospérité partagée dépendront en grande partie de la capacité de l’UE et des pays partenaires méditerranéens (PPM) à créer un véritable espace économique régional.

L’intégration régionale signifie concrètement la facilitation des échanges entre les partenaires, par un abaissement des tarifs douaniers certes, mais aussi par la mise en place d'infrastructures transversales, par une convergence vers un cadre réglementaire commun, par des efforts éducatifs communs (reconnaissance des diplômes, échanges universitaires...).
À cet égard, le cumul régional des règles d’origine et l’harmonisation des normes et réglementations techniques joueraient pleinement leur rôle d’outil au service de l’intégration régionale et d’élimination des obstacles techniques aux échanges. Il en va aussi de la nécessaire rationalisation de l’espace productif régional, de la cohérence de son cadre institutionnel, de sa perception par la communauté internationale, et donc de son attractivité, notamment auprès des investisseurs

Un espace économique régional plus intégré passe nécessairement par la conclusion d’accords de libre-échange entre pays sud-méditerranéens (relations Sud-Sud) en complément des accords d’association (relations Nord-Sud).
Plus d’une dizaine d’accords bilatéraux existent déjà, mais leur portée est souvent limitée (règles d’origine restrictives, agriculture exclue...). Dans ces conditions, la signature de l’accord d’Agadir le 25 février 2004 marque une étape dans la progression de l’intégration Sud-Sud. Le processus d’Agadir, en tant qu’initiative intra-régionale Sud-Sud lancée par le Maroc, la Tunisie, l’Égypte et la Jordanie en mai 2001 à Agadir, constitue une démarche volontaire entreprise par ces quatre partenaires en vue d’établir entre eux une zone de libre-échange.
Cette initiative est également d’une grande portée puisqu’elle réunit des pays du Maghreb et du Mashrek. Le fait qu’elle concerne les partenaires les plus avancés dans le processus d’association illustre la concomitance des deux processus. L’accord signé permet de créer un marché de plus de 100 millions d’habitants dans les quatre pays concernés et d’offrir par là même de nouvelles possibilités aux investisseurs européens dans cette région.

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