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Le pari du partenariat euro-méditerranéen

Le scénario idéal du partenariat consisterait à parvenir à enclencher une dynamique vertueuse comparable à celle observée dans les PECO les plus avancés.

L’ouverture commerciale appelle des réformes institutionnelles d’accompagnement pour renforcer le dynamisme du tissu productif local et, de facto, la compétitivité du pays ; ces évolutions commerciale et institutionnelle renforcent l’attractivité de la zone pour les investissements ; cet ensemble de facteurs concourt à la compétitivité de l’économie et in fine à la croissance.

Or, les pays méditerranéens connaissent aujourd’hui, pour beaucoup d’entre eux, une croissance faible et heurtée et parviennent peu à attirer les investissements étrangers. Elle est à ce stade le reflet d’un manque de compétitivité, qui tient notamment à des niveaux élevés de protection commerciale, à un niveau d’éducation généralisée insuffisant qui ne facilite pas le rattrapage technologique et les transferts de connaissance, à de faibles dotations en infrastructures physiques et technologiques qui pèsent sur les coûts de transport et sur la diffusion des savoir-faire, à un cadre institutionnel peu évolutif qui pèse sur l’ouverture à la concurrence et la dynamique productive.

La signature d’un accord d’association entre un pays de la rive Sud de la Méditerranée et l’Union européenne ne constitue pas une fin en soi. L’association doit bien être conçue comme un outil, visant à soutenir les objectifs précédemment exposés, d'une part en stimulant la modernisation des États par des réformes structurelles, à commencer par les réformes fiscales pour compenser la baisse des recettes douanières, et d'autre part en dynamisant l'offre productive par l'introduction de la concurrence au sein des systèmes productifs.

Les pays de la rive Sud sont conscients de la nécessité d’entreprendre les réformes structurelles de modernisation trop longtemps reportées. Pour les plus avancés, il s’agit de les approfondir afin de franchir le seuil du club des nouveaux pays développés. Dans ce contexte, il est vrai que les réformes à entreprendre par les pays partenaires méditerranéens (PPM) n’en sont pas moins politiquement difficiles, d’autant qu’elles se heurtent à des situations établies pour certains acteurs économiques dominants sur les marchés nationaux. L’objectif du partenariat euro-méditerranéen est précisément de faciliter la faisabilité politique des réformes en servant « d’ancrage extérieur ». Le partenariat apporte en effet aux gouvernements des PPM :
une légitimation du processus de réforme auprès de leur population - le renforcement des liens économiques avec l’Europe présente un attrait indéniable,
une crédibilité - le retour en arrière apparaît institutionnellement difficile,
un cheminement connu et propice à de bonnes anticipations des acteurs économiques,
des ressources financières pour gérer les coûts transitoires du démantèlement tarifaire.

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